Terreur d’état

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La souricière organisée le 9 janvier à Paris

La place Saint-Augustin est intégralement bouclée, à l’exception d’un seul accès : venant de Saint-Lazare, l’étroite rue de la Pépinière, par laquelle les premiers manifestants qui précèdent le cortège syndical « officiel » arrivent dans un cul de sac totalement verrouillé, c’est là que la manifestation doit se terminer.
Tout va dégénérer en moins d’un quart d’heure et la violence va durer plus d’une heure sans interruption.

Le monde « enlève les guillemets » à « violences policières »…
On parle de plus de 1000 blessés, des gens mutilés à vies, des morts… Des manifestant.es, des lycéens, des infirmières, des enseignant.es, des médics, des journalistes…
Et Lemonde « ne s’encombre plus des guillemets »………….

Si les médias de télévision n’étaient pas possédés par des milliardaires, vous auriez vu la couverture de la grève générale massive d’hier en France contre les coupures de pension. C ‘ est à ça que ressemblait Paris.

Les travailleurs et les syndicats aux États-Unis devraient faire un don à leur fonds de grève ici : https://tinyurl.com/u4xah2f

AU PAYS MERVEILLEUX DES NON-LIEUX : LA MEME SEMAINE, LA JUSTICE DECIDE QUE WISSAM EL YAMNI ET REMI FRAISSE SONT MORTS TOUS SEULS

Wissam a été tabassé et étranglé par toute une bande de policiers à Clermont Ferrand le 1er janvier 2012, avant de tomber dans le coma et de mourir plusieurs jours après. Le juge n’a pas voulu entendre les témoins, statuant par un non-lieu malgré les preuves médicales incontestables : aucune mise en examen de policiers = non-lieu.

Rémi a eu la colonne vertébrale sectionnée par l’explosion d’une grenade explosive jetée par un gendarme à Sivens le 26 octobre 2014, le tuant sur le coup. La Cour d’Appel a confirmé le non-lieu, malgré des faits d’une évidence absolue.

HONTE A CES JUGES, QUE LEURS VIES SOIENT UN CALVAIRE !

Au vu de la multiplication exponentielle des meurtres commis par des policiers et l’impunité totale garantie par les procureurs et le juges, nous considérons que nous sommes en guerre.

Pas de justice, pas de paix !

Elle s’appelait Maëva. Elle avait 21 ans. Elle était animatrice périscolaire.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, elle a été fauchée par une voiture de police roulant à toute vitesse, alors qu’elle traversait un passage piéton à Rennes.

Elle est morte jeudi dans la matinée au CHU.

Les policiers de la brigade canine, qui conduisaient le véhicule banalisé en empruntant les couloirs de bus disent qu’ils n’ont pas vu Maëva. Qu’elle passait derrière un bus. La police raconte que c’est aussi « dramatique » pour les agents impliqués. Les agents impliqués n’avaient pas mis de sirène. Pour « ne pas réveiller le voisinage ». Maeva ne se réveillera pas.

Un jeune homme, fauché avec elle, est toujours hospitalisé.

👉Avec Cédric, mort étouffé lors de son interpellation à Paris, c’est la deuxième personne décédée au contact des forces ce l’ordre cette semaine en France.😥

9 JANVIER A NANTES : RÉVOLTE MULTICOLORE

Le samedi 11 janvier est un jour d’actions simultanées. Une manifestation régionale à l’appel des Gilets Jaunes est fixée de longue date. Une nouvelle échéance syndicale contre la casse des retraites est aussi programmée. Le tout sur fond de colère sourde, durable, profonde, contre le pouvoir en place.
A partir de 11H, environ 5000 personnes s’élancent derrière les bannières et les camions des syndicats. La manifestation est très encadrée, mais elle se déroule dans une ambiance calme et plutôt joyeuse. Chose rare, on aperçoit même des poussettes et des enfants qui jouent. Ambiance très familiale avec beaucoup de nouvelles têtes, une fanfare, et les premières chasubles fluorescentes qui s’agrègent au cortège. Une partie des manifestants tente de rejoindre la Maison du Peuple, qui subit un siège policier depuis le matin, avec l’impossibilité de sortir ou d’entrer dans le bâtiment sans être fouillé voire arrêté. Fin du premier acte.
A l’heure du déjeuner, sous le soleil, les terrasses du centre ville sont remplies. On entend des chants de lutte sur les terrasses, et les hymnes incontournables du mouvement Gilet Jaune. Chaude ambiance. Les gendarmes, innombrables, sont hués à chaque déplacement. A 14H précise, tout le monde finit son verre, et un gros cortège s’élance à toute vitesse depuis le miroir d’eau, dans un impressionnant nuage multicolore de fumigènes. Ce départ en trombe, quasiment en avance, montre l’impatience des personnes présentes. Mais il empêche les très nombreux retardataires de retrouver la manifestation. Il y a des milliers de personnes sur le Cours Saint Pierre. 15 minutes à peine après le départ, l’avant du défilé est déjà sous les gaz lacrymogène. La préfecture déploie un dispositif toujours plus délirant et violent à chaque date régionale. Trois canons à eau, probablement plus de mille forces de l’ordre, un hélicoptère qui frôle le toit des immeubles, et beaucoup de flics en civil qui tentent de s’infiltrer dans la foule.
Progressivement, la manifestation agrège près de 8 000 personnes, dont beaucoup ont fait l’effort de venir de loin, et pour certains découvrent Nantes. Après un temps d’hésitation, un imposant cortège de tête entièrement en noir se forme peu avant la préfecture. Le défilé avance, fonce vers un énorme guet-apens. Comme à chaque manifestation, la manifestation répète le même folklore : quelques échanges de projectiles et de lacrymogènes depuis le jardin du préfet. Un rituel presque immuable. Sauf que cette fois, un dispositif est prévu pour casser la manifestation. Au premier jet, des grenades explosives sont tirées dans la foule. Leur effet de souffle désoriente, blesse, et terrorise. Des lacrymogènes pleuvent de partout, parfois tirés depuis l’autre rive de l’Erdre. La BAC s’apprête à charger, quand un canon à eau coupe la route et scinde définitivement la manifestation en deux, avec une avancée spectaculaire de CRS. Le défilé se désagrège, le piège a fonctionné. Le gros des manifestants reflue vers le point de départ.
A l’angle de la rue de Strasbourg, après un long moment d’hébétude, nouveau pic de tension face à un canon à eau. La voie de tram est dépavée. La manifestation repart, hésite à rentrer dans Bouffay, stagne. L’absence de décision laisse le temps aux gendarmes de lancer de grandes charges. Une barricade est allumée. Le rouleau compresseur répressif avance à toute vitesse, sous des salves de gaz et au son des explosions. Des lacrymogènes sont à nouveau tirés devant la maternité. Le cortège assailli de toutes parts, traverse la Loire ou se disloque le long des routes. Les unités de police partent faire la chasse aux manifestants sur l’ile de Nantes. Ça sent la fin.
Mais pendant que toute la répression se concentre en bord de Loire, 2000 manifestants ont repris le centre-ville. Toutes les places de l’hyper centre, cadenassées peu avant, sont investies. Un concert s’improvise place Graslin. Des tags apparaissent dans les rues sanctuarisées de la bourgeoisie. L’hôtel de luxe est atteint de la Place Aristide Briand est atteint. Un moment de joie partagée, qui déborde complètement le scénario policier.
Retour à la croisée des trams sous les gaz. Il y a de plus en plus de monde. Des barricades sont érigées sur la voie de tramway, et ralentissent le canon à eau. Une manifestation sauvage par vers l’ouest. Ce dernier cortège est plus jeune, plus rapide. Des feux sont allumés le long des voies. Du gaz est tiré tout le long du quai de la Fosse. La BAC attaque. Les derniers manifestants sont repoussés à l’ouest de Nantes, au delà de Gare Maritime.
22 personnes ont été arrêtées, dont 9 préventivement, ainsi qu’un medic. La nuit tombe. La résilience des Gilets Jaunes est à toute épreuve : des centaines de personnes sont de retour à la croisée des trams où un feu est allumé. Le trafic reste paralysé. De nouveaux affrontements éclatent. Une arrestation est interrompue par un « ninja » qui éloigne un agent par un saut à pieds joints. Les agents sont à cran. Du gaz rentre dans les bars. Nouvelles charges. Les dernières flammes ne seront éteintes qu’autour de 21H.

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