Manifestation «anti-masque» à Berlin : qui sont ces milliers de coronasceptiques

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Militants antivaccins, sympathisants d’extrême droite, complotistes… Près de 20 000 personnes se sont rassemblées, samedi, dans la capitale allemande.

 Dans le cortège, pancartes et slogans ont parfois remis en cause le degré de gravité, voire l’existence de la pandémie de coronavirus.
Dans le cortège, pancartes et slogans ont parfois remis en cause le degré de gravité, voire l’existence de la pandémie de coronavirus. Reuters/Fabrizio Bensch

Par R.K.Le 2 août 2020 à 17h04, modifié le 2 août 2020 à 18h25

Unis contre… les gestes barrières. À Berlin, une foule impressionnante s’est rassemblée, samedi, pour réclamer l’abrogation des contraintes liées au Covid-19, comme l’obligation de porter un masque ou de respecter une certaine distanciation sociale.

Ces près de 20 000 militants, selon la police, viennent d’horizons politiques parfois lointains. À des écologistes antivaccins se mêlent des membres du black bloc ; des militants d’extrême droite en suivent d’autres, plus simplement soucieux des libertés individuelles.

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Dans le cortège, pancartes et slogans remettent parfois en cause le degré de gravité, voire l’existence de la pandémie de coronavirus, ravivant le discours conspirationniste autour duquel semble parfois graviter cette étrange constellation.

« Il est impossible de trouver un point commun à ces manifestants », nuance Benjamin Alvarez, un journaliste de la radio Deutsche Welle. Présent lors du défilé, le reporter évoque « un grand mélange » avec « des gens venus de tout le pays ».

La façon même dont s’est formé ce bloc anticonfinement montre l’hétérogénéité de ses racines idéologiques. Les premiers rassemblements ont eu lieu à Berlin dès le mois d’avril sous l’impulsion d’intellectuels anticapitalistes.

Complot

Les mots d’ordre, déjà, ont l’accent du complot. L’Etat « s’est allié aux entreprises pharmaceutiques et numériques pour abolir la démocratie », s’insurge par exemple l’un des coorganisateurs, le dramaturge Anselm Lenz, auprès du journaliste polémique Ken Jebsen.

Quelques semaines plus tard, le Tagesspiegel remarque que les rassemblements sont peu à peu « détournés par des populistes de droite et d’extrême droite ». Des membres de l’Afd, un parti eurosceptique et nationaliste allemand, et du Parti national-démocrate d’Allemagne, ultranationaliste, sont présents, y compris Udo Voigt, président de ce dernier durant 15 ans.Newsletter – L’essentiel de l’actuChaque matin, l’actualité vue par Le ParisienJE M’INSCRISVotre adresse mail est collectée par Le Parisien pour vous permettre de recevoir nos actualités et offres commerciales. En savoir plus

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Le journal dépeint un assemblage de hooligans, de rockers, de manifestants « ésotéristes » et de chrétiens. « Alors que certains scandent Nous sommes le peuple, d’autres méditent ou font du yoga, décrit-il. D’autres encore chantent Jésus, ou bien affirment que les mesures sanitaires ont conduit directement à un nouvel Holocauste ou ont été organisées par le Nouvel Ordre Mondial, mis en avant parmi les théoriciens du complot. »

Ce même genre de discours est relayé par d’autres figures moins identifiées politiquement au sein du mouvement. C’est notamment le cas d’Attila Hildmann. Ce blogueur et auteur de livres de cuisine végane controversé est devenu, selon Die Welt, un « symbole du conspirationnisme allemand » à la faveur de la fronde, qualifiant par exemple Adolf Hitler de « bénédiction » en comparaison d’une Angela Merkel « communiste, sioniste et sataniste ».

« Arrêtons la dictature »

À Berlin, vendredi, les stigmates de cette pensée conspirationniste étaient bien visibles. « Ne donnons pas sa chance à Bill Gates, avertissait une pancarte. Arrêtons la dictature du coronavirus. ». Sur une autre, on pouvait lire : « Le masque est l’étoile jaune des non-vaccinés ».

« Les gens qui ne s’informent pas d’eux-mêmes, à l’inverse de nous, restent ignorants et croient ce que le gouvernement leur dit, pestait Anna-Maria, une militante. Ils entrent dans la peur que le gouvernement nous met dans la tête. Et la peur affaiblit le système immunitaire. »

Alors que la devise de la manifestation, « Jour de la liberté », rappelait le titre d’un film de propagande nazi de 1935, plusieurs contre-manifestants, dont un cortège de « grands-mères contre l’extrême droite », sont venus traiter les militants présents de « nazis ». Mettant sans doute le doigt sur une des réalités d’un mouvement protéiforme et idéologiquement diffus.

Une réflexion sur « Manifestation «anti-masque» à Berlin : qui sont ces milliers de coronasceptiques »

  1. on aimerait en effet des commentaires sur cet article carrément étrange et carrément lavoixdesonmaître qui ravale, en gros, les anticapitalistes au rang des complotistes
    si s’insurger contre la dictature c’est du complotisme, il faudrait nettoyer le mot complotisme ou l’expliquer pour les nuls…

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