LES UBUS AU POUVOIR

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« Logiquement le leader populiste semble se complaire dans les critiques qu’il suscite de la part des élites. Son objectif est tout simplement de se faire mépriser par celles-ci, de sorte à ce que le peuple, à travers lui, se sente également méprisé et s’identifie donc à lui. En outre, mentir, instiller la crainte et la colère, ne peut que donner l’impression d’une confiance en soi à toute épreuve, délivrant le message qu’on a bien à faire à l’homme de la situation. C’est la thèse développée par Lou Safra, de SciencesPpo, Nicolas Baumard et Coralie Chevallier, de l’Ecole Normale Supérieure. Selon eux dans un contexte où l’hostilité et le danger sont perçus comme prédominants, les groupes sociaux se tournent vers des leaders susceptibles de régler le problème à eux tous seuls. Et par une faille cognitive bien humaine, nous aurions tendance à préférer des indicateurs tels que le succès et les accomplissements personnels ainsi que la confiance en soi et l’authenticité apparentes, aux capacités réelles de coopération et de leadership.
Finalement, l’avènement d’Ubu nous pose une question : comment se fait-il que de si nombreuses personnes soient déçues de la démocratie, au point de préférer n’importe quel leader affligeant, dès l’instant où il s’en dissocie? »

Sebastian Dieguez, chercheur en neurosciences Laboratoire de sciences cognitives et neurologiques de l’université de Fribourg Suisse
CERVEAU &PSYCHO – Mai 2019

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