Les sociopathes (de France Télécom à Macron)

JPEG - 267.1 ko

Un article édifiant dans le monde diplomatique sous la plume de Frédéric Lordon. Extraits :

  • d’une façon générale :

…  » La chosification, l’objectalisation des hommes, c’est cela le propre du sociopathique — et, se trouve-t-il, c’est le propre du capitalisme. Kant pourtant nous avait mis en garde en enjoignant chacun de nous d’agir « de telle sorte que tu traites l’humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin, et jamais comme un moyen (3) ». C’est sans doute que ce propre du sociopathique — se servir des autres comme de choses — se trouvait déjà inscrit dans les schèmes fondamentaux de la rationalité instrumentale, celle qui agence des moyens à des fins, et n’a cure de la nature des moyens. À tout le moins le capitalisme néolibéral, armé de rationalité économique, lui a-t-il donné une extension inouïe — ressources humaines, et tout est dit. » …

…  » Que des individus meurent, c’est l’équivalent d’objets qu’on déclasse (jette) : où est le problème ? Voilà comment pensent des sociopathes. » …

  • à propos du procès d’EDF :

…  » Des récits qui nous sont faits des premières journées d’audience, il ressort que la comparution des accusés ne fait pas entendre le moindre regret sérieux, le moindre retour sur soi et ses actes, la moindre empathie pour les parties civiles, ni le moindre effort d’en rabattre d’un mélange d’arrogance, de certitude de soi et de déni qui, en toute autre matière se jouerait aux assises avec peines de sûreté. À ce moment, vient inévitablement la pensée à laquelle, bien sûr, il ne faudrait céder pour rien au monde : des hommes qui dénient à ce point la qualité d’hommes aux autres hommes, sont-ils eux-mêmes des hommes ? Hélas la réponse est oui.  » …

  • A propos des gilets jaunes :

…  » Que le sociopathe soit le type néolibéral accompli, la preuve ultime en est donnée — comme toujours — par le sommet de l’édifice. Ce qu’aura été la réaction de Macron aux victimes de la répression inouïe des « gilets jaunes » parle pour lui, et dit tout — formidable éloquence du silence. Car la réaction, c’est qu’il n’y a eu aucune réaction. Littéralement : ça ne lui a rien fait — l’indice sociopathique par excellence. Une morte, 5 mains arrachés, 25 éborgnés, 289 blessures à la tête, mais rien. La même considération que pour du bois mort. Avec, comme à France Télécom, le même déni : « Après des semaines et des semaines, je constate qu’il n’y a eu aucun mort à déplorer du fait des forces de l’ordre » –- c’est vrai, c’était une femme arabe, ça ne compte pas ; « Je n’aime pas le terme répression parce qu’il ne correspond pas à la réalité » ; « Ne parlez pas de répression ou de violences policières, ces mots sont inacceptables dans un Etat de droit ». Face à des annulations aussi massives de la réalité, n’importe quel psychiatre ferait interner le sujet responsable de ces faits réellement commis et mentalement effacés. Mais dans la sociopathie néolibérale devenue norme, rien de tout ça n’est vraiment sérieux. Le sociopathe peut faire tuer, faire mutiler, et continuer d’arborer le même sourire entre stupide et effrayant, la même éclatante et terrifiante satisfaction de soi. Dans la version pour abruti, Castaner, lui, va en boîte pour « se relaxer ». Dans la version pour violent à sang froid, le préfet Lallement jouit du travail bien fait dans le silence de son bureau (6). » …

lire l’intégralité de l’article

Auteur : JFB

Père de 6 enfants, grand père de 18 petits enfants Retraité (15 ans de commercial - 25 ans d'accompagnement de vie, bilans de compétences, bilans d'orientation, émergence de projets) Président d'une association menant des actions visant à l'autonomie, notamment alimentaire, énergétique, relationnelle et sociale

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.