Le général Lavergne, soupçonné d’avoir couvert Benalla, a-t-il été promu directeur des opérations de la Gendarmerie ?

Par Luc Peillon — 15 mai 2019 à 12:32

Le responsable du Groupe de sécurité de la présidence de la République, mis en cause par le Sénat dans l’affaire Benalla, va quitter ses fonctions dans quelques jours. Il sera «promu» adjoint au directeur des opérations de la Gendarmerie, selon l’Elysée.

Question posée par Léo le 14/05/2019

Bonjour,

Nous avons résumé votre question, qui était rédigée ainsi : «Est-il vrai que le général Lavergne, soupçonné de faux témoignages devant le Sénat dans l’affaire Benalla, a été promu directeur des opérations de la Gendarmerie ?»

Le général Lionel Lavergne, chef du Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR), a effectivement été mis en cause par la commission d’enquête du Sénat sur l’affaire Benalla.

Suite au signalement du bureau de la Haute Assemblée à la justice concernant plusieurs protagonistes du dossier, deux enquêtes préliminaires, dont l’une pour faux témoignages, ont été ouvertes début avril par le parquet de Paris. Le signalement du Sénat pour faux témoignages concerne directement Alexandre Benalla, son acolyte Vincent Crase et le directeur de cabinet de la présidence de la République, Patrick Strzoda.

Le général Lavergne, ainsi qu’Alexis Kohler (secrétaire général de l’Elysée), sont, eux, indirectement cités pour des «incohérences» et des «contradictions» lors de leurs auditions devant la commission sénatoriale. Les concernant, le Sénat demande au parquet des «investigations complémentaires».

L’une des rapporteurs de la mission d’information, Muriel Jourda, estimait ainsi qu’Alexis Kohler, Patrick Strzoda et le général Lavergne avaient «retenu une part significative de la vérité».

Depuis, un arrêté du 3 mai, publié le lendemain au Journal officiel, prévoit le remplacement du général Lavergne par le colonel Benoît Ferrand dans ses fonctions de responsable du GSPR, à compter du 18 mai.

Et selon l’Elysée, cité par l’AFP, le général Lionel Lavergne, «dans le déroulement normal de sa carrière, […] bénéficie d’une promotion puisqu’il a été nommé adjoint au directeur des opérations de la Gendarmerie nationale».

Un connaisseur avisé des arcanes de la gendarmerie, confirme: «Difficile de considérer sa mutation comme un simple recasageD’abord parce que le directeur des opérations et de l’emploi (DO) est le numéro 3 de la gendarmerie, donc être son adjoint est un très bon poste. Ensuite parce que c’est un poste très opérationnel, pas du tout un placard. Enfin, avec ce poste, Lavergne, général de brigade, va bénéficier d’une montée en grade puisque l’adjoint au DOE est généralement promu général de division l’année suivante.»

En résumé, et pour vous répondre précisément, le général Lionel Lavergne n’est pas directement mis en cause pour faux témoignage mais pour «incohérences» et «contradictions» devant la commission d’enquête du Sénat, charges devant faire l’objet d’investigations complémentaires de la part du parquet de Paris. Et s’il est bien muté à la direction des opérations de la gendarmerie nationale, c’est en tant qu’adjoint du directeur (et non pas comme directeur), un poste qui a néanmoins toutes les couleurs d’une promotion.Luc Peillon

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