France: prison avec sursis requise contre le «gilet jaune» Éric Drouet

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Par RFI Publié le 05-06-2019 Modifié le 05-06-2019 à 18:41

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La figure du mouvement des «gilets jaunes» Éric Drouet et son avocat lors de leur arrivée au tribunal de Paris le 5 juin 2019.Aurore MESENGE / AFP

Le parquet de Paris a requis ce mercredi 5 juin quatre mois de prison avec sursis et 500 euros d’amende à l’encontre d’Éric Drouet, figure emblématique du mouvement des « gilets jaunes », pour avoir participé à une manifestation non déclarée avec une sorte de matraque dans son sac. Le jugement sera rendu le 4 septembre.

Le chauffeur routier de 34 ans avait été interpellé dans l’après-midi du samedi 22 décembre, lors de l’acte VI de ce mouvement inédit, dans le quartier parisien de la Madeleine, au milieu de quelques dizaines de manifestants bloqués dans une rue par les forces de l’ordre.

Le procureur a demandé qu’il soit reconnu coupable de tout ce qui lui est reproché : « participation à un groupement formé en vue de violences ou de dégradations », ainsi que « port d’arme prohibé de catégorie D » – « un bout de bois » selon la défense, « une matraque en bois » pour l’accusation.

Matraque ou bout de bois

Aux yeux du magistrat, Éric Drouet « est volontairement venu avec une matraque », et « quand on vient avec une matraque on est dans une logique de violence ». Le prévenu avait dit aux enquêteurs qu’il avait oublié ce bout de bois, « souvenir » de son père, dans le sac à dos qu’il utilise habituellement au travail. « En tant que routier on a tous quelque chose pour se défendre », a-t-il expliqué à l’audience.

Le défenseur du chauffeur routier, Khéops Lara, a plaidé la relaxe. Il a notamment contesté la qualification d’ « arme » de ce « bout de bois », un simple « grigri ». Auparavant, l’avocat avait plaidé la nullité des poursuites, estimant qu’Éric Drouet « a été interpellé brutalement, sans motif légitime ni préalable, pendant une manifestation pacifique » et dénonçant « une procédure qui détourne le droit pénal » pour « empêcher les gens de manifester ». Le tribunal se prononcera sur cette requête en nullité au moment de son jugement qui sera rendu le 4 septembre.

Éric Drouet, il est là aujourd’hui parce que l’on reproche la détention d’une arme de catégorie D. Les armes de catégorie D c’est les couteaux, les poignards… Si on commence à reconnaître qu’un bout de bois, c’est un port d’arme de catégorie D et que vous risquez un an de prison et 15 000 euros d’amende..

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