émission : les policiers sont-ils au dessus des lois ?

Il n’est pas insignifiant de constater que même sur France Culture on aborde la question du devoir de respect des lois à propos de la police.

Nous sommes dans un moment historique et la seule réponse du pouvoir est la répression policière.

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On a très peu de données et c’est une partie du problème. Cela dit, on a une enquête intéressante qui a été conduite par l’Association des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture, l’ACAT, en 2015. Ce qu’a fait l’ACAT, c’est qu’elle a pris 89 cas de violences policières alléguées sur la période 2005-2015. Sur ces 89 cas, uniquement sept d’entre eux ont fait l’objet de condamnations. Prenons d’autres données : les sanctions administratives. Il peut y avoir des signalements et vous avez même une plateforme de l’Inspection Générale de la Police Nationale où vous pouvez, si vous êtes victime de mauvais comportements de la police, vous pouvez signaler ça. Ce que montrent bien les données, c’est que pour 2017 vous avez 4 800 manquements, signalés sur cette plateforme ou signalés par téléphone, et uniquement 8 % ont fait l’objet d’investigations de l’Inspection Générale de la Police Nationale et 58 policiers ont soit fait l’objet d’un rappel à la règle, soit ont été sanctionnés. Dans chacun des cas, ce que l’on voit, c’est l’écart très important entre les manquements signalés et les sanctions véritablement prises par l’institution. »

« Quand on a des vidéos, ça change un petit peu les choses.

Mais ce que l’on voit bien avec les enquêtes qui portent sur l’utilisation des lanceurs de balles de défense, c’est qu’il y a beaucoup d’enquêtes mais il est très difficile d’identifier précisément quel est le policier qui a utilisé le lanceur de balles de défense. La deuxième difficulté, c’est que le policier peut être relaxé même s’il est identifié comme étant l’auteur, s’il dit que son tir est le résultat d’un ordre qui lui a été donné par son supérieur.
Et de façon générale, ce dont on se rend compte, c’est que dans de nombreuses enquêtes, on est devant la version du policier face à la version de la victime, et d’ailleurs la version du policier, qui est une autorité représentant la loi, a une forme de prévalence sur la version de la victime, donc quand on n’a pas d’élément extérieur, quand c’est récit contre récit, c’est très difficile de le prouver. Les éléments extérieurs, ça peut être par exemple un certificat médical qui atteste que la victime a vraiment eu une interruption temporaire de travail. Ça peut être aussi des témoins. Ça peut être aussi des éléments vidéos et on voit bien que les policiers sont plus souvent sanctionnés quand vous avez une vidéo qui soutient la version de la victime. » 

Pourquoi y a-t-il un si fort sentiment d’impunité ?

« Cela tient sans doute d’abord à la relation compliquée qu’entretient la population avec la police. On a d’un côté des policiers qui s’estiment souvent surcontrôlés, excessivement sanctionnés et de l’autre côté une partie de la population qui s’estime victime de violences de la part de la police.
Deuxièmement, les violences ou les faits de corruption sont des faits qui sont très spectaculaires et donc qui attirent l’attention, et ces faits ne sont souvent pas sanctionnés immédiatement, quand ils le sont. Prenons l’exemple d’une fameuse affaire de la brigade anti-criminalité de Marseille qui avait retenu l’attention médiatique en 2011 : ces policiers, ils sont poursuivis pour des faits de vol d’argent, vol de drogue, vol de cigarettes. Sept ans après les faits, ils viennent juste d’être mis en examen. Il y a un décalage très important dans la durée.

Voir la suite de cette approche très fouillée sur le site de france-culture

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