Désyntox des AFFIRMATIONS RETRAITES du gouvernement

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CE QUE DIT LE GOUVERNEMENT CE QUE CA VEUT DIRE EN REALITÉ
Le système par points est plus équitable : chacun cumule ses propres points
en fonction de sa carrière...
… Le système par points pénalise toutes les carrières, notamment les plus hachées : chômage, intérim, maladie, etc. Moins on gagne durant sa carrière, moins on cumule des points! Les salariés pauvres deviendraient des retraités miséreux !.
Les points se cumulent sur
toute la carrière…
et non plus sur les 25 meilleures années (privé) ou les 6 derniers mois ( public). Donc, une baisse générale des pensions (-30 % en moyenne)
L’âge d’équilibre est fixé à 64 ans… …avec un malus de 5 % par an pour ceux qui partiront dès 62 ans : on va être contraint de travailler plus longtemps où à partir avec une retraite amputée ( la moitié de ceux qui partent à la retraite ne sont plus en emploi). L’espérance moyenne de vie en bonne santé tourne autour de 64 ans.
Il n’y aura pas de retraite en
dessous de 1000 euros…
…soit 30 euros de plus que le minimum actuel (et encore si vous avez une carrière complète =43 annuités) : quel cadeau !.Sinon
ce minimum sera proratisé. Ce minimum de 85 % du SMIC net faisait l’objet de l’article 4 de la loi Fillon de 2003 et devait être effectif à partir de 2008. Il n’a jamais été appliqué.
Les femmes sont les grandes
gagnantes de la réforme…La p
maternité serait compensée à ..
100%dès le premier jour
d’arrêt sur la base du revenu
de l’année précédente…
Il y aurait des droits familiaux
dès le 1
er enfant(majoration de

5%par enfant au père ou à la
mère)…
Dans le système actuel, la période d’interruption familiale pour la maternité est déjà prise en compte entièrement.
Sur les droits familiaux, on attribue actuellement des majorations de durée d’assurance de 2 ans à la mère ( dont un attribuable au père) dans le régime privé et de 6 mois dans la FP et une majoration de 10 % au père ou à la mère à partir de 3 enfants. Donc, un système par points plus
défavorable.
La solidarité entre les générations est maintenue... …On aura pas la même retraite selon notre année de naissance:1975, 1985,2004:La retraite est un droit, pas une tombola !.
Les jeunes nés à partir de 2004 seront les plus
maltraités !. Où comment appauvrir des générations entières quand elles arriveront à l’âge de la retraite.
Nous maintenons la retraite par répartition. Il n’est pas
question de capitalisation…
La baisse générale des pensions va pousser ceux qui le peuvent à recourir à des produits d’épargne privée( Fonds de pension). Cela va encore accentuer les inégalités et remettre en cause la solidarité .

Ce qui précède correspond à l’analyse conjointe de l’intersyndicale CGT- FO-CFTC-FSU-SOLIDAIRES soutenue par les Gilets Jaunes.

Ajoutons que le géant américain de la Finance, le gigantesque gestionnaire d’actifs BLACK ROCK ( 7000 milliards de Placements) lorgne sur l’épargne hexagonale et attend que la loi PACTE et la réforme DELEVOYE lui ouvrent les portes de ce marché. Cette opération serait facilitée par l’accession d’Emmanuel MACRON à l’Elysée qui cultive ses relations avec le PDG de ce fonds, Larry FINK. N’oublions pas l’attribution scandaleuse de la légion d’honneur au PDG France de BLACK ROCH et la gestion calamiteuse du cas DELEVOYE par ceux qui se veulent «  les premiers de cordée ».

Cette loi PACTE permet déjà à l’épargnant de bénéficier d’un allègement fiscal et d’une « gestion pilotée » de son plan d’épargne retraite visant à augmenter la part des placements à risque, type actions. Le pilier capitalisation occulté par le pouvoir est déjà au coeur de la réforme. Les actifs ne cotiseraient plus que sur une assiette de salaire allant jusqu’à 10000 euros mensuels ( actuellement les régimes complémentaires AGIRC-ARRCO font cotiser jusqu’à 30000 euros par mois). Au delà, ils paieraient une cotisation ramenée à 2,80 % sans acquérir de droits à la retraite, d’où l’invitation pressante de se tourner vers la capitalisation.

Mais ce Fonds « vautour » dispense aussi ses recommandations au gouvernement et propose par exemple une contribution automatique de 5 % à des plans d’épargne d’ entreprise en envisageant un crédit d’impôt de 1000 euros par an accessibles aux ménages non imposables ou comment financer sur fonds publics le chiffre d’affaires des assureurs en fourguant des produits d’épargne aux plus pauvres.

Autre élément essentiel et préoccupant dans l’environnement de cette réforme est l’inscription dans le marbre d’une règle d’or visant à maintenir à 14 % du PIB le plafond des dépenses de retraite ( à peu près le niveau actuel). La conséquence imparable sera que chaque retraité percevra une moindre part de la richesse nationale produite aujourd’hui ce qui signifie la chute du « taux de remplacement », c’est- à- dire du montant de la retraite par rapport au dernier salaire perçu. Rappelons que la part des retraites est amenée à croître dans la population par rapport aux actifs ( 29 % de moins de 65 ans en 2070 contre 20 % actuellement.

Les propositions formulés par la CFDT d’une conférence ultérieure de financement et d’aménagement de l’âge pivot sont illusoires tant cette réforme ( il faudrait parler de régression) est profondément nocive pour tous. La seule solution d’apaisement que pourrait prendre le Gouvernement serait de la retirer s’il a vraiment le souci des usagers des transports et de la santé de l‘économie. Je souhaite vivement que les syndicats dits « réformistes » rejoignent le front visant à l’abandon de ce système à points comme le souhaite certaines de leurs fédérations ou de leurs adhérents. A défaut , ils affaibliraient l’opposition à cette contre réforme et feraient objectivement le jeu du gouvernement.

Derrière les très médiatiques déficits du régime général des retraites et celui de la Fonction Publique, se cache un véritable pactole pour les autres régimes. A elle seule, la caisse complémentaire des salariés du privé (AGIRC- ARRCO) présente un surplus de 70 milliards d’euros à la fin de 2017. Si on ajoute, la caisse des professions libérales ( CNAVPL) , celle des indépendants (BIC) et des contractuels de la Fonction publique (IRCANTEC), on atteint la bagatelle de 137 milliards d’euros. De quoi douter de l’urgence d’une réforme présentée comme une impérieuse nécessité économique !.

La solution n’est pas dans un replâtrage du système par points mais à son abandon. Il faut repartir du système actuel par répartition en l’améliorant en y affectant des ressources pérennes. Je donne ci-après les propositions de la CGT pour une véritable réforme progressiste des retraites qui n’ont aucun caractère d’exhaustivité, d’autres syndicats de l’intersyndicale indiquée en début d’article ayant aussi probablement des propositions à faire :

LES GRANDS PRINCIPES :

* Un départ à 60ans à taux plein avec un revenu de remplacement de 75 % du revenu net d’activité ( calcul sur les 10 meilleures années ou les 6 derniers mois dans la FP) et au minimum au SMIC À 1800 euros. Chacun doit pouvoir vivre dignement de son travail, y compris à la retraite. C’est vrai pour tous, salariés comme agriculteurs.

* Comptabiliser les années d’études pour les jeunes.

* Une prise en compte de la précarité.

*Une prise en compte de la pénibilité des métiers (travail de nuit, postures pénibles, exposition à des agents chimiques, etc) pour toutes et tous et extension des dispositifs de départ anticipé existants.

* Indexer les pensions sur les salaires et non sur les prix.

LE FINANCEMENT :

* Garantir immédiatement l’égalité salariale entre les femmes et les hommes rapporterait 6,5 milliards d’euros, le gouvernement ayant toute latitude de contraindre le patronat.

* Augmenter le taux de cotisation de 0,2 à 0,4 point par an permettrait de garantir la pérennité du système. Cela représente un effort de 1,60 euros par mois pour les travailleurs et de 2,40 euros pour les employeurs.

* Mettre fin aux cadeaux faits aux employeurs en cessant les exonérations de cotisations sociales : 20 milliards de plus pour la Sécurité Sociale.

* Créer une contribution sociale sur les revenus financiers distribués par les entreprises à un taux équivalent aux cotisations des employeurs sur les salaires : Rapport 30 milliards d’euros.

* Lutter véritablement contre l’évasion fiscale et sociale estimée entre 60 et 80 milliards d’euros pourrait rapporter plusieurs milliards d’euros.

* Mettre en place une politique résolument tournée vers l’emploi, notamment en diminuant le temps de travail pour que chacune et chacun ait un emploi correctement rémunéré ce qui créerait de nouvelles recettes pour la sécurité sociale.

Malgré les derniers sondages qui font état que seul 12 % de la population souhaite que le projet DELEVOYE soit conservé en l’état, la CGT est ressortie sans aucune réponse quant à ses propositions.

H,SARDA,

NB :Les retraités suédois qui ont un système de retraites par points ont vu globalement leurs pensions baisser : -3 % en 2010, -4,3 % en 2011 et -2,7 % en 2014.

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