CONTRE LA PEUR

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Un médecin généraliste de Paris, le docteur Laurence Peignot 33 ans, qui exerce depuis 3 ans, déclare dans Le Point :

«C’est terminé, je n’applaudirai plus mes confrères, le soir, à 20 heures.»

« Ça va sûrement choquer que je dise ça, mais ceux qui se font passer pour des héros abusent ». « Personnellement, je n’ai juste pas fait grand-chose, par rapport à d’habitude. Pour être honnête, je ne suis pas submergée et je ne l’ai jamais été. Pourtant, j’étais au “front”, en “première ligne”, comme on dit aujourd’hui. » « À l’hôpital, beaucoup considèrent qu’ils n’ont fait que leur boulot. Ils l’ont très bien fait, certains ont pris des risques, mais, à un moment, il faut dire les choses : on fait le job, et c’est normal. D’une certaine façon, c’est une chance que de pouvoir travailler, gagner sa vie et sortir de chez soi. »
Mais pour le Dr Peignot, là n’est pas l’essentiel :

« Certains médecins détournent à présent leur savoir et leur pouvoir pour alimenter une psychose collective qui va nous coûter cher sur le plan médical, social, psychologique et économique. »
Elle en veut à ceux qui « diffusent des informations complexes, encore non abouties scientifiquement, contribuant à entretenir des peurs irrationnelles face à la maladie et à la mort ».

« Notre boulot de médecin, c’est aussi de rassurer les gens. En tout cas, ce n’est certainement pas d’affoler la population au moment où beaucoup hésitent à renvoyer leurs enfants à l’école et à reprendre le travail. » « Tous les jours, je vois défiler dans mon cabinet des gens angoissés. L’autre jour, un étudiant en panique m’a confié ne pas être sorti de son studio durant six semaines, pas même pour aller faire ses courses. Des profs, des salariés me demandent des certificats pour ne pas retourner travailler. Je vois des patients effrayés, renfermés sur leurs angoisses de mort, qui préfèrent tout arrêter, garder leurs enfants à la maison plutôt que de ressortir, vivre, bosser, retrouver leurs proches et leurs amis. Je trouve ça triste. Quand on est en bonne santé, on ne devrait pas se complaire dans le confinement, le repli et la docilité. » « L’urgence est peut-être de redonner confiance aux gens, de les aider à retrouver le goût de vivre et d’être ensemble, plutôt que de dépendre d’un système lui-même à bout de souffle ».

« On apprend ça à la fac : la santé est un tout. Ce n’est pas seulement se prémunir d’une maladie ou d’une infirmité, c’est être bien dans son corps, sa tête, son environnement social et familial. On a sacrifié tout ça, et c’était nécessaire pour lutter contre cette fichue maladie, mais ça ne peut plus durer. Aujourd’hui, nous devons être raisonnables et ne pas oublier cette vision globale de la santé, si nous voulons tenir dans la durée. Le combat contre ce virus n’est pas terminé et nous allons continuer à faire de notre mieux pour protéger, dépister et soigner les personnes à risque atteintes du Covid-19. Mais notre boulot, c’est aussi de faire en sorte que la vie redémarre. Pas de faire peur aux gens à la télévision. Nous devons être des filtres, pas des générateurs d’angoisse. »
Elle commence seulement à mesurer les conséquences des deux mois de confinement : dépression, douleur physique, insomnies, peur de se faire soigner, retards de diagnostic, isolement, angoisses massives, y compris chez les enfants.

« Le pire, c’est que personne n’ose se plaindre alors que ce qu’on vit est très difficile, même quand on n’est pas malade. »
Elle trouve « triste », cet

« endormissement généralisé, cette docilité, ce manque de révolte ». « Quand on vous prend votre liberté, qu’on vous oblige à mettre un masque dans les transports, même si c’est indispensable, ce n’est pas quelque chose de normal, ni d’anodin. On a le droit de dire qu’on n’est pas content, qu’on est en colère, que c’est dur. On a le droit de se plaindre, ça fait du bien. C’est ce que je fais avec ma petite bafouille. »

« Or, il y a un décalage entre ce que rapportent certains médias et la réalité du terrain. Les internes que je côtoie me racontent leur stage hospitalier : les services qui ont été réorganisés pour accueillir les patients atteints du Covid ont été pleins durant deux ou trois semaines, au plus fort de la vague. Mais, depuis un mois, ce n’est plus du tout le cas. Les urgences sont désertes ; en tout cas, ceux qui, parmi mes patients, y ont fait un passage ont été traités plus rapidement que jamais. Je regrette donc de voir certains de mes confrères inquiéter davantage une population déjà à cran pour arriver à leurs fins, aussi légitimes soient-elles. Si ça continue, un jour, les gens nous diront : vous nous avez fait flipper pendant des semaines et ça se retournera contre nous ! »
Le système de santé risque aussi de se retrouver, très bientôt, en état d’urgence : entre les retards de traitement et ceux dans la détection de nouveaux cas, c’est le système dans son ensemble qui risque d’être déstabilisé. “Durant ces deux mois, le nombre de cancers diagnostiqués a été divisé par deux“, explique le professeur Axel Kahn, président de la Ligue contre le cancer, citant les remontées du terrain hospitalier.

“Evidemment, ce n’est pas le coronavirus qui a fait peur au cancer, le cancer il est toujours là. En revanche, le coronavirus a fait peur aux malades qui ont été dissuadés de se faire dépister, de consulter”.
Avec près de 400.000 nouveaux cas de cancer par an en France, quelque 30.000 malades n’auront ainsi pas été diagnostiqués. Même si la multiplication des scanners pulmonaires pour confirmer les infections au coronavirus a pu permettre la détection de certaines tumeurs. Axel Kahn pointe deux conséquences: les prises en charge trop tardives des malades et le risque de saturation lors de la reprise normale des activités.

“Si aux reports d’examens de contrôle, de chimiothérapies, radiothérapies, des opérations chirurgicales programmées, vous rajoutez tous les dépistages en retard, on risque un très grand embouteillage”.
Axel Kahn ajoute :

“Le cancer tue 150.000 personnes tous les ans. Il y a un an, cette année, l’année prochaine… Rien que cette année le Covid, heureusement, fera beaucoup beaucoup moins de dégâts“.
Une morbidité entretenue savamment par le gouvernement, qui a pris un soin particulier à annoncer, chaque jour, un nombre de décès, sans jamais les mettre en perspective. Qui sait qu’il n’y a plus de surmortalité depuis le 20 avril ? Qui sait qu’il y a entre 1600 et 1900 morts chaque jour en France ? Plus de 600 000 décès chaque année (sans parler de l’avortement…) ? Que les hôpitaux sont régulièrement au bord de la rupture (mais la remontée des gilets jaunes n’avait pas fait sourciller ce même gouvernement) ? Imaginez chaque jour au 20H, un médecin qui vous annonce le nombre quotidien de décès…

Nous allons commencer à payer les conséquences de ce confinement délirant.

Une réflexion sur « CONTRE LA PEUR »

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