On avait le principe de pécaution ? perdu, le principe d’innovation passera avant !

Article SOCIALTER

En décembre 2018, le « principe d’innovation » a, en toute discrétion, été adopté par les ­députés européens dans le programme-cadre de recher­che de l’Union européenne « Horizon Europe ». Ce principe, qui exige qu’à chaque initiative légis­lative « l’impact sur l’innovation [soit] pleine­ment évalué et pris en compte », a bénéficié du soutien exprès de la Commission européenne la veille du vote : « Nous avons besoin d’appliquer le principe d’innovation afin d’éviter de restreindre indûment le potentiel de technologies encore inconnues et peut-être révolutionnaires, à forte valeur ajoutée pour notre société et notre économie. » Soutien de la Commission, mais aussi et surtout de l’European Risk Forum, lobby des industriels du tabac, des pesticides et de la chimie, artisan du principe d’innovation qui voit cinq années de travail intensif ainsi couronnées par ce vote. Plus qu’un soutien à la capacité d’innovation du Vieux Continent, ce principe est en réalité un missile télé­guidé sur une cible bien précise : le « principe de précaution ». Celui-ci, mentionné dans le traité de Maastricht de 1992 et soutenu par la Cour de justice de l’UE, autorise les décideurs à solliciter des évaluations de risque et employer des mesures restrictives lorsqu’une loi est susceptible de causer une menace sanitaire pour les citoyens ou des dommages à l’environnement. En d’autres termes : jusqu’ici, nous avions un principe qui prônait la prévention, la sécurité et l’intérêt général ; dorénavant, s’ajoute un principe concurrent qui promeut la prise de risque, la compétitivité et les intérêts économiques et sectoriels. Et grâce au vote de décembre dernier, le ­second pourra être invoqué pour écarter le premier.
Pourquoi choisir cet exemple plutôt qu’un autre pour ­ouvrir ce numéro ? Parce qu’il met à nu l’aspect systémique du lobbying. Oui, les lobbyistes peuvent avoir recours à des méthodes frauduleuses, malhonnêtes ou manipulatoires pour protéger leurs intérêts : corruption, ­fabrique du doute, attaques répétées sur les travaux scientifiques indé­pendants, production de faits alter­natifs… Les livres de Stéphane Horel, ­Stéphane Foucart ou Fabrice Nicolino, tous sortis cette année, sont là pour le rappeler et l’étayer. Mais l’influence gagnée par les groupes d’intérêts privés ne saurait s’expliquer uniquement par ces pratiques. En l’espèce : les ­artisans du principe d’innovation étaient identifiés, leur ­objectif manifeste, les effets anticipables, l’action de lobbying documentée par l’ONG Corporate European Observatory et l’opinion publique a été alertée par les médias, des ONG et certains groupes politiques. Si cette action de lobbying a payé alors même qu’elle s’est déroulée en plein jour, c’est certainement parce que les « manœuvres » des lobbies dans les coulisses ne représentent qu’une partie du ­problème. Pourquoi tant de décideurs, élus ou non, sont-ils si sensibles aux arguments des lobbies ? Parce qu’ils viennent des mêmes cursus, arpentent les mêmes couloirs, épousent la même idéologie, circulent parfois entre privé et public, adhèrent à la même vision techno­cratique où le choix politique doit s’effacer face aux données de ­l’expertise. Mais aussi parfois, tout bêtement, parce qu’ils trouvent dans les documents remis par les lobbies des éléments synthétiques et d’un haut degré de technicité, utiles, qui pallient leurs propres insuffisances – que ce soit le manque de temps ou le défaut de compétences… Plutôt que de s’insurger constamment des motifs ou des actions des lobbies, de la probité de tel ou tel élu, d’invoquer le sursaut d’une « société civile » dont on fantasme le pouvoir – ­sinon l’existence –, retournons la perspective et ne faisons pas l’économie d’une réflexion systémique. Soucions-nous de comment notre modèle institutionnel et politique en est arrivé là, car la lobbycratie ne peut avancer que lorsque la démocratie recule. 
Philippe Vion-Dury (rédacteur en chef de Socialter)
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Election : toujours élu = LE POGNON !

Sarko aurait dépassé de plus de 20 millions d’€ le financement de sa campagne et n’a même pas été élu en 2012. En 2007, on parle de 50 millions d’€ fournis par Kadhafi pour sa campagne.
Pour Macron, ses comptes ne sont pas clairs du tout ! On ne parle pas trop de Hollande, peut-être n’a-t’il pas eu trop besoin de dépasser les 24 millions autorisés mais 24 millions quand-même ! L’élection de Chirac aurait dû être annulée pour irrégularités des comptes par le Conseil Constitutionnel en 1995.
Tout ça pour dire que sans pognon, vous n’avez aucune possibilité de gagner une élection nationale. Donc c’est une caste friquée qui se le partage : les plus riches aident les candidats, les candidats une fois élus renvoient l’ascenseur, toujours, quoi que vous vouliez. ( lire la suite ... )

Rencontre nationale des communes libres et des listes citoyennes

Des dizaines de citoyens « déterminé·e·s à changer les choses par la base » invitent toutes les personnes et groupes qui se reconnaissent dans cet appel à une grande rencontre nationale, les 23 et 24 novembre prochain, à Commercy.

Depuis près d’un an la France est en ébullition. Les gilets jaunes manifestent encore et encore pour la transformation du système, la justice sociale et la démocratie directe, qu’il vente, pleuve, neige, ou que la canicule menace. Des dizaines de milliers de personnes descendent dans la rue pour enrayer la destruction de la planète. Les quartiers populaires, longtemps victimes invisibles de la violence d’État, sont de plus en plus présents en première ligne. Lire l’article et écouter l’appel ( lire la suite ... )

Un projet de loi prévoit d’infliger des amendes de 500€ aux sans abris

Une mesure bien « planquée » dans le projet de loi « relatif à l’engagement dans la vie locale et la proximité de la vie publique », prévoit dans l’article 15 d’infliger une amende de 500€ aux sans-abris qui s’installent sur la voie publique ou le domaine public par exemple sous une tente ou un abris de fortune, sur le trottoir, dans un square, ou même dans la forêt, ou qui stockent leurs biens dans un recoin ou les transportent dans un caddie … ( lire la suite ... )

LUBRIZOL, VERS UN SCANDALE D’ÉTAT ?

Une décision du préfet pourrait être à l’origine de l’incendie.

Revue de presse de la mi-journée.

Alors que le préfet s’enfonce chaque jour davantage dans sa gestion calamiteuse de la crise, le journal en ligne Actu.environnement.com révèle aujourd’hui un élément explosif qui permet de mieux cerner les responsabilités. Le préfet avait autorisé en début d’année l’augmentation des capacités de stockage de produits dangereux dans l’usine Lubrizol à la suite d’un assouplissement de la réglementation décidée par le gouvernement en 2018. ( lire la suite ... )

Il s’appelle Richard Ferrand, c’est le Pdt de votre assemblée nationale, nous le payons … et regardez

Le truc qu’aucun adulte ne penserait faire, le président de l’assemblée nationale le fait face caméra, face à 50 députés qui lui doivent respect et déférence et ne savent comment se défendre …

Qui soutient Richard Ferrand à part MACRON ?

Une SCI, un assistant parlementaire, une compagne, une ex-femme… Les révélations autour de Richard Ferrand, brièvement ministre de la cohésion des territoires avant de quitter le gouvernement pour prendre la tête du groupe LRM à l’Assemblée nationale, comportent de multiples volets. Elles concernent notamment son rôle autour des Mutuelles de Bretagne, un organisme à but non lucratif qui regroupe 70 mutuelles du Finistère pour permettre l’accès et le remboursement des soins à ses sociétaires. ( lire la suite ... )

«Le petit chacal», sévèrement épinglé par Henri Guillemin

La véritable histoire de Napoléon pour mieux comprendre ce qui se passe aujourd’hui … le parallèle entre la prise de pouvoir ce « petit chacal » et celle du petit Macron est saisissant, l’un et l’autre sans état d’âme avec pour seule ambition celui de s’enrichir, à la solde des financiers dont il.s était-est le serviteur servile. Une série de conférence toutes aussi instructives les unes que les autres … C’est long, car très documenté et sérieux. Ci dessous l’intégrale : ( lire la suite ... )

Vigilance permanente contre les casseurs de société

Un dispositif «néo-libéral», c’est quatre armes de destruction massive et la guerre permanente:

Déréguler, Marchandiser, Réprimer, Endoctriner. Pour contrôler et «réformer» la société au profit des prédateurs, et sans pause estivale.

Il faut avoir une vigilance permanente face à l’arrogance et au cynisme de celles et ceux qui cassent, avec une grande violence symbolique, tout ce que « société » veut dire d’humain et de social. A la rentrée et même en plein mois d’aout. ( lire la suite ... )

Les sociopathes (de France Télécom à Macron)

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Un article édifiant dans le monde diplomatique sous la plume de Frédéric Lordon. Extraits :

  • d’une façon générale :

…  » La chosification, l’objectalisation des hommes, c’est cela le propre du sociopathique — et, se trouve-t-il, c’est le propre du capitalisme. Kant pourtant nous avait mis en garde en enjoignant chacun de nous d’agir « de telle sorte que tu traites l’humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin, et jamais comme un moyen (3) ». C’est sans doute que ce propre du sociopathique — se servir des autres comme de choses — se trouvait déjà inscrit dans les schèmes fondamentaux de la rationalité instrumentale, celle qui agence des moyens à des fins, et n’a cure de la nature des moyens. À tout le moins le capitalisme néolibéral, armé de rationalité économique, lui a-t-il donné une extension inouïe — ressources humaines, et tout est dit. » … ( lire la suite ... )

Un saisissant panorama de la situation mondiale dans lequel les gilets jaunes ne sont pas délaissé.e.s

Pour écouter la partie directement afférente aux gilets jaunes aller à la 52ème minutes (sur 1h25 en tout), mais tout le reste est très instructif dans le sens où ce plaidoyer pour la lutte est une véritable leçon d’éducation-information populaire. Edwy Plenel n’a pas froid aux yeux !

Modalité du RIP : votre participation sera visible de tous !

Modalité qui n’était écrite que dans les petites lignes des conditions générales …

Modalité non négligeable de cette seconde partie de protocole de RIP consistant à rassembler 4,5 millions de signatures

Tous les noms de participants seront publics (non « aspirables » via moyen informatique)

Voir article numérama

Le processus est-il délibérément complexifié ?

Voir l’article de 20minutes

Les sociopathes (De France Télécom à Macron)

Formidable billet de Blog de Frédéric Lordon; morceaux choisis:

« Une morte, 5 mains arrachés, 25 éborgnés, 289 blessures à la tête, mais rien. La même considération que pour du bois mort. Avec, comme à France Télécom, le même déni : « Après des semaines et des semaines, je constate qu’il n’y a eu aucun mort à déplorer du fait des forces de l’ordre » –- c’est vrai, c’était une femme arabe, ça ne compte pas ;[…] »

« Un système qui broie les individus jusqu’à la mort, opéré par d’autres individus qui se prévalent d’un commandement supérieur (ici la « loi du marché »), déniant toute responsabilité, hermétiques à tout sentiment de culpabilité, […] » ( lire la suite ... )

Le village des Molières teste la démocratie locale avec une constitution

Création d’une «constitution municipale»

( article LE PARISIEN )

>Île-de-France & Oise>Essonne|Cécile Chevallier (@ChevallierCcile sur Twitter)|26 mars 2019, 6h24|MAJ : 26 mars 2019, 15h26|0

Les Molières, ce lundi soir. Le conseil municipal a adopté à l’unanimité cette constitution municipale promise en 2014. LP/Cécile Chevallier

Pour associer les habitants aux projets et décisions de la commune, les élus ont élaboré avec des citoyens ce texte qui appuie la gestion municipale sur une démarche participative.

Une République alternative serait-elle en train de naître aux Molières ? Après avoir été une des premières communes à tester la « Racine », une monnaie locale, le village est le premier de France à adopter une « constitution municipale ». Les élus l’ont votée ce lundi soir en séance et adoptée à l’unanimité. Ce texte engage le conseil municipal à « impliquer les citoyens dans les projets et les décisions de la commune ».PUBLICITÉ ( lire la suite ... )